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Musée de l’art dentaire : des innovations téméraires et douloureuses

Il y a à peu près cinq, un musée virtuel de la dentisterie a été mis en ligne. Initiative méritoire et intéressante pour les curieux et les historiens. Pourtant l’idée de réunir les inventions et les œuvres matérielles léguées par l’histoire de l’art dentaire n’est pas nouvelle. Fin 19ème, l’Ecole dentaire de Paris disposait d’un musée de même nature, mais réel, et qui se garnissait de donations extérieures diverses. Quelques années plus tard, ce lieu devint la propriété du Musée de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris. Ce musée, malgré son importance symbolique et son affluence nombreuse, fut forcé de fermer ses portes en 2012. La collection historique d’appareils médicaux devait donc encore changer de vitrine.

Mais il n’en fut rien. Ces étonnants reliquats de l’innovation chirurgicale ont demeuré jusqu’à ce jour à l’hôpital Bicêtre, emprisonnées dans des boîtes. Sort déplorable. En dépit de leurs abus, les pinces coupantes et les daviers, devenus inoffensifs, mériteraient bien l’absolution conditionnelle... Photographiés et insérés dans le musée virtuel dont nous parlons, ces outils variés sont désormais accessibles à tous les regards. Les ouvrages littéraires ont été convertis au format numérique, lisibles par tous ; et les illustrations clarifiées par des spécialistes.

 

Les anciens outils d’extirpation dentaire :

 

Dirigeons notre curiosité sur les types d’appareils disponibles dans ce musée virtuel.

Parmi les outils servant à extraire la dent, il existait ce qu’on appelait le pélican. C’est un appareil incurvé qui a l’apparence d’un crochet : il comporte un axe se divisant, d’un côté, en une sorte de dent angulaire, comme celle d’un gros félin, de l’autre en une pointe droite et crénelée.

La vue d’un tel objet inspire peu confiance. Cet instrument portait ses fruits mais n’était guère commode à manier, et l’embarras qu’il causait aux praticiens le rendait dangereux.

Issu du pélican, le tiretoire possède la même fonction, mais une taille plus petite. Ces ustensiles étaient faits soit en métal, soit en bois, soit en ébène, et comportaient quelques variantes de forme, selon les époques ou les fabricateurs.

Notons par parenthèse que les premières images d’outils de chirurgie dentaire datent du temps de l’Egypte antique ; on peut les voir dans une localité de la Haute-Egypte, sur le monolithe d’un temple.

 

Les vieux outils de nettoyage dentaire :
 

Voilà un procédé aussi répandu dans l’histoire de la dentisterie que l’extraction : le nettoyage. Quand des agrégations d’impuretés se formaient sur les dentures, il était naturellement important de les éliminer. Si donc elles apparaissaient sur les gencives, on avait recours à des burins, des ciseaux, des grattoirs qui raclaient obstinément ces croûtes et menaçaient constamment d’écorcher la gencive ou de casser les dents. Après cette épreuve, on limait les gencives à des fins de polissage. Aujourd’hui on recommanderait plutôt de frictionner vos dents entartrées avec une peau d’orange ou de boire du jus de citron.

Enfin, l’on peut consulter, pour le plaisir de la documentation, dans ce musée virtuel de la dentisterie, des traités sur la chirurgie dentaire des siècles révolus, des cours de théorie et de pratique, des catalogues destinés aux praticiens, des essais sur les institutions de chirurgie, des dictionnaires, des dessins ; des ouvrages traitant de pathologies, conseillant des techniques, expliquant la fabrique des instruments, etc.

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