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L’âge sombre de la dentisterie et sa lente évolution

Que les opérations pratiquées sur les dents, aux temps les plus anciens, aient été insalubres, dangereuses, sanglantes, piètrement exécutées, c’est une chose qu’on devine sans avoir à connaître la préhistoire de la dentisterie. Dans les très vieilles époques où les actes humains étaient grossiers comme les goûts, où la plupart des outils forgés étaient surtout employés à des tâches brutales qui appelaient la force, il va sans dire qu’une pratique délicate telle que le soin dentaire tenait plus de la mutilation que de la thérapie.

Rapprochons-nous des temps modernes, et songeons seulement aux instruments en usage au XVIIème siècle pour extirper les molaires. La fameuse clef de Garengeot qui, dans sa forme primitive, ressemblait plus à un large crochet conçu par un sombre métallurgiste plutôt que par des soignants, servait malencontreusement le but souhaité. En effet, ce triste objet finissait par briser souvent la dent, et même la mâchoire qu’il pressait par le bout. L’anesthésie était peu connue.

Au Moyen-Âge, quand les lois cléricales prohibaient la chirurgie, au XIIème siècle, et que par conséquent les soins poussés étaient frauduleux, la dentisterie se réservait aux barbiers, ces manieurs éclectiques de la lame. Ceux-là n’hésitaient pas non plus à opérer la saignée.

 

Le chaos de la dentisterie et les faux praticiens

 

Ces barbiers ignorants ne procédaient pas plus avec douceur qu’avec expertise. Ils n’étaient pas formés à cet art, qu’ils n’exécutaient qu’à l’occasion. Leur titre d’arracheurs de dent n’était pas usurpé. Ils mutilaient, broyaient, torturaient, tuaient parfois. Les rebouteurs, ceux dont la profession consistait à arranger, par les moyens du bord, les foulures et les luxations de membres, se mêlaient de la partie ; et leur science cruelle s’étendait jusque dans les méticuleuses opérations. Les charlatans aussi bien : mais leur titre à l’époque n’était pas en défaveur comme il l’est aujourd’hui, puisqu’il désignait seulement les praticiens sans diplômes.

Techniquement, ces bourreaux de la denture n’administraient pas d’autre traitement que le découpage approximatif de la dent, l’arrachement de la couronne. On éradiquait le mal, du moins on le voulait, sans apprêt, sans diligence, sans pitié.

 

Le réveil de la dentisterie et son institutionnalisation

 

La première apparition de la dentisterie en tant que spécialité a eu lieu chez les Arabes aux alentours du XIIIème siècle, quoique la rudesse des méthodes y aient toujours été en vigueur. Les Arabes devinrent maîtres de la chirurgie dentaire pendant un assez long temps, du VIIème au XIIIème siècle. Abulcasis, illustre médecin, approfondit la science chirurgicale dans son volumineux traité de médecine, et élabora de nombreux instruments utiles et bénéfiques.

En France, au XVIIème siècle, après la promulgation de l’acte législatif par Louis XIV, grâce auquel fut constitué un corps d’experts, l’odontologie a considérablement évolué. Des travaux furent effectués. Depuis cette époque, des écoles inculquant le savoir-faire chirurgique furent instituées. Les édits royaux se multiplièrent.

La profession de dentiste s’est donc formée en buttant sans arrêt sur des obstacles de toutes sortes : sociaux, religieux, techniques, moraux, etc. Ces transformations confuses, inégales et douloureuses se retrouvent même dans la médecine générale.

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